Comprendre l’usure des dents, problème d’engrènement de dent ou occlusion

Ces 30 dernières années, l’intérêt croissant des études sur la vulnérabilité des tissus dentaires à l’usure a mis en évidence plusieurs processus entrainant une destruction non carieuse des surfaces dentaires exposées. 

Trois origines  sont possibles : 

1) L’attrition est une usure mécanique normale résultant des contacts dento-dentaires occlusaux et proximaux.  Elle crée des surfaces d’usure ou « facettes » nettement délimitées et polies au niveau des surfaces de mastication et qui correspondent à des facettes sur l’arcade antogoniste. Cette usure peut être accentuée par une habitude para fonctionnelle comme le bruxisme.

2) L’abrasion est une usure dentaire par friction causée par des contacts dynamiques impliquant des corps abrasifs. Elle découle d’un brossage agressif, de nettoyages interdentaires  traumatiques ou d’habitudes professionnelles et se situe majoritairement à la base de la dent (collet).

L’usure du collet est liée à la moindre dureté des tissus radiculaires en présence de récession gingivale. 
L’usure par abrasion diffuse correspond à l’abrasivité des aliments ou de particules aéroportées (poussière, sable) dans certains environnements. 

3) L’érosion dentaire est la conséquence d’un processus chimique de dissolution de l’émail. L’exposition aux acides alimentaires s’est considérablement accrue dans les habitudes de la vie moderne. De plus, les désordres nutritionnels tels que l’anorexie ou les vomissements sont souvent cachés et les reflux gastroesophagiens  restent souvent imperceptibles.
L’érosion dentaire peut se combiner aux mécanismes physiques affaiblissant la surface et la structure des tissus durs que sont l’attrition et l’abrasion. 

En pratique. Ces processus sont rarement univoques : ils peuvent se succéder sur de longues périodes ou se superposer simultanément, ce qui rend le diagnostic plus difficile.

 Il faut consulter et établir un diagnostic


Il est fréquent que le motif de consultation soit biaisé, le patient se plaignant d’une carie. Le premier signe clinique associé est généralement une hypersensibilité de la base ou du haut des dents, manifestant un début d’exposition dentaire. La dent sera traitée symptomatiquement en priorité. 
Lors de l’interrogatoire et de l’entretien clinique, le praticien devra s’enquérir des habitudes de vie quotidienne (hygiène buccal, alimentation, pathologies et traitements salivaires). L’observation des surfaces dentaire de l’ensemble des arcades avec des aides visuelles est indispensable, même en cas de lésion isolée. La clinique démontre la combinaison des mécanismes qu’il est désormais possible de décrypter dans la mesure où chaque processus crée un faciès d’usure spécifique sur les diverses surfaces dentaires.
Au total, la compréhension des mécanismes étiologiques d’usure et l’expérience acquise par le praticien doivent permettre d’établir un diagnostic aussi précoce que possible. 

Grace à ce diagnostic, des mesures de prévention pourront être mises en place : contrôle et modification des habitudes de vie et d’hygiène, utilisation de protocoles et de produits conservateurs   de la dent, ou encore traitements précoces de pathologies digestives et de désordres alimentaires.

Plus l’intervention sera précoce et adaptée, meilleures seront les chances de conserver le patrimoine tissulaire dentaire des patients dans un état fonctionnel et esthétique optimal.