FACETTES EN CERAMIQUE COLLEE

Préparations toujours a minima

Demande de bilan esthétique

Ces dernières années, les restaurations indirectes en céramique collée ont connu un accroissement exponentiel (1). La demande esthétique couplé avec le désir de la profession de privilégier des thérapeutiques conservatrices, a largement alimenté cette expansion. Parmi ces restaurations, les facettes en céramique constituent l’élément le plus légitimement associé à l’amélioration esthétique du sourire et aux techniques de préservations tissulaires.

Les angoisses des premiers temps concernant la fragilité ou le décollement de ces fines coques de céramique ont été largement apaisées par les excellents résultats rapportés dans de nombreuses études cliniques. Si un faible taux d’échec est toujours d’actualité, la compréhension des phénomènes et des critères cliniques influençant positivement ou négativement le résultat a permis de mieux codifier la thérapeutique dans son ensemble.
Parmi les critères les plus souvent rapportés comme déterminant le bon comportement des facettes à long terme, la présence d’un support de collage constitué exclusivement d’émail est essentiel.


Evaluation clinique préalable

La décision thérapeutique peut être motivée par le souhait de modifier la forme, d’améliorer la couleur, ou encore de corriger une malposition.
Avant toute intervention, l’état initiale de la dent doit être évalué cliniquement et radiographiquement afin de percevoir les futures limites des préparations.
Dans le cas particulier des malpositions, l’examen clinique est essentiel car plusieurs options doivent être explicitées afin de respecter l’obligation légale d’information et l’obtention d’un consentement éclairé.

Ainsi, lorsque le projet final souhaité consiste en un alignement des dents, le recours à un traitement orthodontique doit être envisagé comme alternative ou comme traitement associé.
Pour autant, cet alignement n’est pas souhaitable dans tous les cas, et il est parfois judicieux de savoir conserver de légères malpositions qui resteront le « trait de caractère » du patient.

La validation esthétique est faite au fauteuil. Dans un premier temps, les pâtes d’essayage (Try-in) nous permet d’évaluer l’impact éventuel de la couleur de la colle sur la couleur finale de la facette. Ce critère est essentiellement vérifié lorsque la facette est fine, réalisée en céramique feldspathique et collée sur un support  coloré.
Lorsque tous les critères esthétiques souhaités initialement sont respectés, la séance de collage peut être entreprise.

 


Conclusion

Les facettes en céramique collée constituent une option thérapeutique supplémentaire, dont la fiabilité, grâce au progrès des céramiques et des systèmes adhésifs, est aujourd’hui reconnue.
Malgré des indications bien définies, elles restent encore trop souvent perçues par la profession comme des options réservées à une patientèle jeune, soucieuse d’obtenir un sourire « médiatique », parfaitement aligné et d’une teinte au delà du blanc blanc.
Or, ces indications-là restent ponctuelles, d’autant plus qu’elles peuvent souvent être gérées par des techniques moins invasives, comme l’éclaircissement et l’orthodontie linguale.

En revanche, les facettes pourraient être plus souvent envisagées dans les traitements globaux, associées aux couronnes voisines souvent nécessaires du fait du délabrement initial des dents.
Cette approche clinique répond pleinement aux concepts de la dentisterie moderne, et la réfuter serait se priver d’une solution technique exceptionnelle, permettant de maximiser la préservation tissulaire et pouvant être indiquée ponctuellement ou globalement sur un sourire.